
"Aidant", un sujet d’entreprise
Le 15 septembre, le collectif Grhandir s'est associé aux rencontres territoriales #SERI pour une matinale consacrée aux salariés aidants : ces collaborateurs qui, en parallèle de leur activité professionnelle, accompagnent un proche malade, en situation de handicap ou en perte d’autonomie.
Les temps fort de la matinée
Mieux comprendre cette réalité
Corine Duhayon, de l'Agefiph, nous a rappelé qu’il n’existe aujourd’hui aucune obligation légale pour les employeurs vis-à-vis des salariés-aidants. En l’absence de cadre juridique, les entreprises sont invitées à faire un pas de côté pour faire évoluer leurs pratiques au regard de nouvelles réalités des salariés.
L’aidance n’est pas qu’un sujet individuel, c’est aussi un sujet d’entreprise. Plusieurs témoignages ont donné corps à cette réalité : de la peur du regard porté au moment du recrutement, à la gestion de la fatigue et du travail est complexe mais pas impossible.
L’aidant est un grand “coordinateur” explique Barbara Laignel. Cette directrice d’une mission locale nous montre qu’aidance n’est pas incompatible avec responsabilité.
Pour faire face à cette sollicitation permanente qui génère une fatigue chronique, il faut être bien entouré : rester seul est la pire option, le partage de bonnes pratiques entre aidants est nécessaire.
Comment l’entreprise peut faire évoluer ses pratiques
“Chaque situation est unique, attention à ne pas uniformiser les réponses. L’important est de rester agile pour adapter les dispositifs aux situations” nous explique Cécile Leroy, aidante et membre du collectif Grhandir.
Message reçu chez Cofidis Group, où de nombreux salariés seniors accompagnent eux-mêmes des parents âgés. Mariette Loridan, responsable handicap et aidance, nous a présenté le nouvel accord d’entreprise pour faciliter leur quotidien : les aménagements de travail, les facilités en termes de télétravail, l’accès à des chèques emploi services, la mise en place de congé proche aidant.
Mariette invite les entreprises à se rapprocher des acteurs du territoire, comme la maison des aidants, et de s’inspirer des pays plus avancés sur la question comme le Portugal et l’Espagne.

Le regard de Pierre Leroy, marin et père aidant
Ancien prévisionnier météo pour de grands événements sportifs, Pierre Le Roy s’est depuis lancé dans la voile jusqu’à s’engager sur le prochain Vendée Globe. Engagé aux côtés de l’association Les Papillons Blancs de Lille, il porte le projet solidaire “Un Vendée Globe auprès des aidants” en vue d’une course en 2028. Ce père d’une petite fille en situation veut transmettre un message fort : aucun aidant ne devrait naviguer seul”.
Pierre souhaite s’appuyer sur la médiatisation de la course pour créer des vidéos qui racontent des histoires d’aidants. Son objectif est de permettre à d’autres de s’identifier et de normaliser le sujet, dans un contexte où un tiers des aidants ne se reconnaissent pas comme tels.
Pour lui, performance sportive et engagement solidaire ne s’opposent pas : prendre soin des autres est aussi un facteur de performance en entreprise.
Et la suite ?
Entre chaque séquence, les participants ont travaillé à table pour croiser leurs impressions et faire émerger des propositions concrètes.
Le 12 octobre 2026 aura lieu l'événement hybride de restitution et de clôture de la SERI. Il rendra compte des remontées, des besoins et des bonnes pratiques en matière de RSE et d’EDI, ainsi que les recommandations issues des événements territoriaux.
Nous vous communiquerons la resitution sur notre site. En attendant, le collectif Grhandir invite toutes les structures volontaires à s'emparer de la thématique à ses côtés.

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